tu t'appelles fibro
« Tu t’appelles fibro et maintenant tu es ma compagne ! Tu t’es invité en moi. Je ne sais depuis quand tu es là, 1an, 5ans, 10 ans, 20 ans, depuis ma naissance ? Je ne sait par quelle porte tu es entré, nous en avons tellement : cutanée, sanguine, digestive, respiratoire ? Personne ne sait, sauf toi. Et tu gardes jalousement le secret.
Tu es restée silencieuse pendant plusieurs années peut-être, tu t’es installée, tu t’es incrustée, tu as tissé ta toile dans tout mon corps, insidieusement, et depuis un an, tu t’es révélée, par des voies détournées d’abord (les vertiges), puis petit à petit, tu as grignoté de tes dents acérées toutes les parties de mon corps, d’ailleurs tu le connaît mieux que quiconque, que moi-même et que les médecins, puisque tu sais les recoins où te cacher pour que personne ne te vois, qu’aucune molécule ne te découvre pour t’anéantir !
Compagne fidèle quand tous les autres ont déserté.
Compagne rusée, roublarde, sournoise : tu donnes de fausses infos à mon cerveau, tu détraques mon système de la douleur, tu perturbes mon sommeil et tous mes organes, tu as pris mon corps en otage, pour quoi ? Pour qui ? Tu as la maîtrise de mon corps qui ne peut que subir tes assauts, je ne suis qu’un pantin entre tes mains !
Tu te joues de moi, tu me fais grelotter, puis tu me fais transpirer, tu changes de lieu, de visage, je ne sais jamais quand, où et comment tu vas te manifester !!Tu as une sacrée palette à ton actif : du plus petit chatouillis agaçant, en passant par les démangeaisons, les piqûres, les brûlures, pour arriver aux martèlements, aux coups de poignard, et à la limite du supportable. Quelquefois, bonne joueuse, tu t’assoupis un peu, me laissant quelques instants de répit, sans que je sache quand tu vas revenir, et d’un coup tu réapparais plus forte.
Si jamais, je t’ignore, essayant de vivre normalement une après-midi, une journée, alors tu me le fais payer le soir, la nuit, parfois, pendant plusieurs jours, vexée que je ne pense pas à toi. Tu ne supportes pas mon indifférence, mon infidélité, pourtant c’est ma seule façon de pouvoir continuer à vivre et te supporter.
Parfois, j’essaie de t’apprivoiser, de t’imiter en cherchant des chemins détournés pour arriver à faire ce que tu m’empêches car on ne peut te combattre de front. Tu as développé en moi la ruse, l’imagination, une certaine forme d’intelligence, de la détermination, qui font de moi une femme plus forte. Alors, tu cherches à m’affaiblir, tu redoubles tes attaques jusqu’à mon épuisement, puis, bonne âme, tu laisses le sommeil envahir mon corps en feu, meurtris, épuisé, inondé des rares larmes qui me restent.
Mais amuses toi, ris de moi, tu possèdes peut-être mon corps, mais pas mon esprit ; je peux encore réfléchir, penser, rêver, créer, m’évader, et ça, tu n’y pourras rien. Tu as envahis des milliers d’autres comme moi, qui sont aussi tes ennemis, ensemble nous te combattons. Des médecins, des chercheurs sont aussi nos alliés (peut-être pas encore assez) mais ils cherchent à t’identifier, commencent à te cerner, et quelques uns de tes mystères commencent à se dévoiler : prends garde à toi, vieille sorcière, tes jours seront bientôt comptés, et ce jour là ton règne prendra fin. ».
Miyo-Nade
PS : j'ai écrit ce texte au début de ma fibro, c'est-à-dire début 2007. Actuellement, les douleurs ont augmenté en nombre, localisation et intensité. Pourtant, il paraît, d'après les scientifiques, que la fibro n'est pas évolutive!!!!
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